Patrimoine historique
Du petit bourg médiéval à la ville actuelle, l’histoire de Meudon est
jalonnée d’événements et empreinte d’une présence noble et royale.
Meudon est de ces villes dont l’histoire remonte aux temps les plus reculés de la mémoire humaine. Quelques traces témoignent, en effet, d’un premier peuplement sédentaire à l’époque néolithique aux abords de l’actuel étang de Trivaux. Au fil des siècles, un hameau se forme, quelques maisons paysannes blotties autour de l’église paroissiale dédiée à Saint Martin. Meldun devient Melodunum, puis Meudon au pied du château seigneurial qui domine le village. Dès le XVIe siècle, une vaste demeure de plaisance remplace la bâtisse fortifiée et abrite quelque temps les amours du roi François Ier et de sa belle maîtresse Anne de Pisseleu. Les seigneurs de Meudon se succèdent au rythme chaotique des guerres et des fortunes, petit à petit le château s’agrandit, devient domaine avec terres, parc et dépendances. Au XVIIe siècle, Abel Servien, Surintendant des Finances du royaume, et le marquis de Louvois, ministre de la guerre, conçoivent le parc qu’André Le Nostre met en scène. Le domaine de Meudon est désormais digne de la faveur royale. Le Grand Dauphin, fils aîné du roi Louis XIV, en fait l’acquisition à la mort de Louvois. Il y installe sa cour et édifie, sur les plans de l’architecte Jules Hardouin-Mansart, le Château Neuf. La mort du Grand Dauphin, en 1710, marque le début du déclin inexorable du domaine. Louis XV néglige Meudon, il lui préfère le château de Bellevue construit pour la marquise de Pompadour au sommet du coteau qui domine la Seine. Madame de Pompadour en fait un bijou délicat, merveilleux attribut de séduction pour son royal amant, Mesdames de France y créent un havre de tranquillité romantique que les appétits mercantiles du XIXe siècle transforment vite en réservoir de pierres pour le quartier nouveau. Le XIXe siècle est pour Meudon le temps du changement. Le commerce, l’industrie, la science, l’urbanisation modifient la physionomie du petit bourg. Meudon devient une ville prospère que les artistes éclairent parfois de leurs fulgurantes présences. Blanchisseurs, carriers, verriers, remplacent les vignerons et les maraîchers. Le chemin de fer relie Meudon à Paris, la population change, les commerces prolifèrent. Meudon bruisse dans le tumulte du progrès. L’Observatoire plonge son regard dans les étoiles, l’Office des Inventions traque les innovations techniques, le capitaine Charles Renard effectue au Hangar Y le premier vol au monde en circuit fermé à bord du dirigeable La France et Marcellin Berthelot découvre les secrets de la chimie végétale. Les artistes travaillent en silence, Auguste Rodin fait naître la beauté de la matière, Isadora Duncan danse, Richard Wagner compose le Vaisseau Fantôme tandis que les peintres peignent inlassablement les paysages bucoliques de la Seine. Au XXe siècle, les quartiers se transforment, Meudon-la-Forêt surgit des champs de blé, Renault colonise l’île Seguin avant que les technologies de pointe ne remplacent les chaînes de montage sur les rives de la Seine. Meudon restaure les vestiges de son patrimoine et rénove son habitat vétuste pour donner des habits seyants à sa nouvelle silhouette. Meudon s’ouvre à la protection de l’environnement et les Meudonnais profitent pleinement des attraits de la forêt, des parcs et des jardins. Les artistes poursuivent leur quête, Jean Arp invente l’art abstrait, Alberto Magnelli assemble les couleurs et les formes, Marcel Dupré improvise, Céline crie son désespoir tandis que François Stahly sculpte des fontaines monumentales. Les grands architectes ne sont pas en reste et font de Meudon un laboratoire : Prouvé, André Bloc, Van Doesburg. Meudon est aujourd’hui une ville résidentielle aux portes de Paris, une ville qui sait développer ses atouts avec douceur et discernement sans renier les soixante siècles d’histoire qui l’accompagnent dans sa marche vers le futur. |
